Ville comestible

Publié le par L.B.

Ville comestible

J'ai lu votre journal, et j’habite le neuvième arrondissement. Je m’appelle Berthold. J’ai un visage râpeux, avec des sillons, le nez plus rouge et patateux que ne le portent habituellement les façades. J’ai peu l’occasion de m’y arrêter.

 

Je cherche dans les livres « l’illumination bocale », et en attendant qu’elle se produise, je publie quelques articles dans ma spécialité : le jardin potager dans les cités.

Lorsqu’un collègue aussi obscure que moi m’a demandé avec quelque ironie pourquoi j’avais choisi un si vaste terrain de prédilection, je lui ai répondu, un peu cassant :  Le patateux a besoin d’espace .

A l’attention de ce journal, et à propos de culture, je peux signaler aux habitants du premier arrondissement de Lyon, que dans le jardin public au bout de la Rue de la Vieille, il n’y a pas si longtemps, on pouvait cueillir de minuscules et délicieuses petites tomates rondes et brunes, ou jaunes en forme de poire au printemps, et les déguster sur place. J’ai aussi proposé à la Mairie du premier arrondissement de faire un coin potager au jardin des Chartreux. Je vous laisse deviner avec quel succès.

Quelqu’un sait-il où trouver d’autres comestibles dans nos jardins publics ? Y a-t-il parmi vous des semeurs sauvages de fruits et légumes sur nos terres citadines ? je serai vraiment heureux de partager leurs expériences. Je prévois dans mon emploi du temps de créer un coin herbes aromatiques au square Montel, à Vaise.

Bien à vous,

Berthold.

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Publié dans soupe n°1

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