Poème illustré
Poème illustré
Poème de B.Crozat(9° arrt). Ill: P.Joannard. (1° arrt)

Cette vie était donc recluse Notre meilleur aussi, ma muse, Bien sûr que nos esprits d’abord Se précipitent vers dehors.
Oh, ma tête, tais-toi, veux-tu Tu n’es pas seule où coures-tu ? Mon corps en géographe obtus Garde ses gestes de tortue.
Il n’est plus vraiment bien ici. L’expert en stalagmites, rassis En concrétions sans raccourcis, Dans son cocon est tout soucis.
Il va te suivre, aussi ses larmes Vers l’inconnu qui le désarme. Il retient ses plaisirs divins Qui sait ce qu’ils seront demain.
Gée, toi qui connais les passages Leurs risques violents, leurs images Tu sais bien que je m’égare A la peur d’aller, de savoir.
J’ouvre les yeux, je deviens sourde. J’entends, mes paupières sont lourdes. Pourrais-je revenir ici ? Tous mes sens prennent le tournis.
Gée n’en savait guère plus qu’elle Pour la faire devenir belle. Comment amener à l’éveil Le soleil pour ce cœur vermeil.
De tout son vouloir elle attend. Inquiète, Gée, tu sais qu’il est temps. Si elle languit trop longtemps Les murs redeviendront tentants.
Cette lame dans ton oreille Tu la tires. Ta peau se fendille, La macule d’un peu de sang. Le mur a un fracas béant.
Tu y passes le blanc métal. Tu places Ré sur ce pétale, Aux gouttes, rouges, son reflet s’hybride. Tu l’envoies dans la chrysalide.
Thétis s’écarte, à fond de cale. Tu lui fais l’aurore boréale Tout doucement, sur la paroi. La lumière pâle chatoie.
Et comme tu souris en douce Elle approche la balle d’un pouce, Puis en joue, refuse, se fait peur. Son rire s’enflamme au bonheur.
Son regard en est tout roussi. Tu y lis l’ampleur de l’envie Qui traverse toute sa vie D’aller voir où tu la convies.
Tu lâches et le reflet rubis Dans un silence s’estourbit. Thétis s’affaisse, heurte le vide, Et se rue dans tes yeux, bifide.