Intention

Publié le par L.B.

Habitante du 9° arrondissement

C'est bien mon intention

J'ai l'intention d'écrire un article avec une dame du neuvième arrondissement. Elle est longue et horizontale le plus souvent, parfois assise, rarement verticale. Comme elle est presque muette, malgré ses fenêtres grandes ouvertes, et si vivantes, je me demandais comment communiquer avec ses appartements intérieurs que l'on devine assez vastes et sentant la cire.

En cherchant à résoudre ce problème de méthode, je me suis dis qu'il faudrait peut-être un nouveau glossaire : Obeline. Inventer des mots qui n'ont jamais servi. Solavène. Des mots qui dorment dans les branchies. Cavernol. Des sons qui résonnent de lointains voyages.

D'autres encore, trop enfouis pour se manifester, ou alors insortables.

Perveline. Les clairs, les précieux qui se carlinguent et carillonnent de façon cristaline. Et les mots des ciels bas, ceux qui font mal, et ceux qui disparaissent brusques ou définitifs.

Désogné. Claviculeux. Ceux qui sont pris par les infiniments petits, anciens ou nouveaux. Ceux qui sont sans adieux, sans douceur. Ceux que l'on ne croit pas. Ceux dont la paresse nous dégoûte. Ils se promènent en catimini, il y en a qui font peur.

Ceux dont l'ultime politesse est de nous fournir des contre-jours, des contre-temps, de peu visibles clandestinités. Les forbans. Crétjiles. Ploutchistes.

Les étonnants, les chauds dans leur élan ou dans leur dedans. Aisplainiè. Ceux qui montent les degrés avec des cavalcades. Nous laisseront-ils glacés ou gercés ?

Un chaud dajeveline, un chaud.

Béatrice

 

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Publié dans soupe n°1

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